Abstract:
Ce mémoire explore la question de la revitalisation du bâti colonial en Algérie à travers le prisme de
la durabilité. Il s’appuie sur le cas de la ferme coloniale de Djebira, située dans la région de Béjaïa,
pour interroger la manière dont un legs architectural chargé de sens et parfois controversé peut-être
réinscrit dans les dynamiques contemporaines sans renier sa mémoire.
L’étude s’inscrit dans un contexte où les édifices légués de la colonisation représentent à la fois un
fardeau symbolique et une ressource potentielle. Longtemps considérés comme des témoins d’un
passé douloureux, ces bâtiments possèdent pourtant des qualités matérielles, spatiales et paysagères
qui leur confèrent un rôle stratégique dans les processus de transformation durable des territoires.
L’enjeu consiste alors à dépasser la simple logique de conservation pour envisager une reconversion
active, capable de concilier mémoire, usage et performance environnementale.
? travers une démarche combinant approche théorique et analyse de terrain, le travail met en évidence
la nécessité d’articuler patrimoine et durabilité dans une même dynamique. La durabilité, envisagée
non seulement comme une exigence technique mais aussi comme une valeur culturelle et sociale,
devient ici un moteur de régénération. Elle permet de relier l’histoire à l’innovation, le passé à
l’avenir, tout en redonnant sens à des architectures délaissées.
L’étude de la ferme de Djebira révèle ainsi que l’application de principes durables — tels que
l’amélioration du confort thermique et lumineux, l’usage de matériaux écologiques et la valorisation
du paysage — offre une voie concrète pour réactiver le legs colonial sans en altérer la substance. Le
bâtiment devient alors un support de mémoire vivante, capable de participer à la construction de
territoires plus justes, plus inclusifs et plus résilients.
Ainsi, la recherche propose de considérer la durabilité comme un moteur de régénération
patrimoniale, capable de transformer les équipements coloniaux en leviers de développement
territorial, social et environnemental. En inscrivant la mémoire du lieu dans un processus d’évolution
et de transmission, le bâti colonial se voit conférer une nouvelle valeur d’usage et une signification
renouvelée au service d’un avenir plus durable et plus ancré dans son contexte
This thesis explores the issue of revitalizing colonial buildings in Algeria through the lens of
sustainability. It focuses on the case of the colonial farm of Djebira, located in the Béjaïa
region, to question how an architectural legacy—rich in meaning yet sometimes
controversial—can be reintegrated into contemporary dynamics without denying its memory.
The study is set within a context where buildings inherited from colonization represent both a
symbolic burden and a potential resource. Long regarded as witnesses to a painful past, these
structures nonetheless possess material, spatial, and landscape qualities that grant them a
strategic role in the sustainable transformation of territories. The challenge, therefore, lies in
moving beyond mere conservation toward an active reconversion capable of reconciling
memory, use, and environmental performance.
Through a methodology combining theoretical reflection and field analysis, this work
highlights the necessity of articulating heritage and sustainability within a single dynamic.
Sustainability—understood not only as a technical requirement but also as a cultural and
social value—becomes a driver of regeneration. It bridges history and innovation, the past and
the future, while restoring meaning to neglected architectures.
The study of the Djebira farm demonstrates that the application of sustainable principles—
such as improving thermal and luminous comfort, using ecological materials, and enhancing
the landscape—provides a concrete pathway for reactivating colonial heritage without
compromising its essence. The building thus becomes a vessel of living memory, contributing
to the creation of fairer, more inclusive, and more resilient territories.
Accordingly, the research proposes viewing sustainability as a catalyst for heritage
regeneration—one capable of transforming colonial facilities into levers for territorial, social,
and environmental development. By inscribing the memory of place into a process of
evolution and transmission, colonial heritage is endowed with renewed use-value and
significance, serving a more sustainable and contextually rooted future.