Abstract:
La présente étude a permis l’isolement et la caractérisation de onze souches de bactéries
lactiques à partir de deux niches écologiques naturelles : le lait maternel et le vin de palme.
Ces souches ont été soumises à une série d’analyses phénotypiques, biochimiques et
fonctionnelles visant à évaluer leur potentiel probiotique, leur profil de sécurité et leur activité
antimicrobienne.
Sur le plan de l’innocuité, aucune des souches isolées n’a présenté d’activité hémolytique, et
les tests de coagulase ont confirmé l’absence de pouvoir pathogène, soutenant ainsi leur profil
de sécurité biologique. Par ailleurs, les propriétés probiotiques ont été investiguées à travers
l’évaluation de l’hydrophobicité, de l’auto-agrégation, de la co-agrégation avec des
pathogènes ainsi que de l’adhésion sur surfaces abiotique, notamment via la formation de
biofilm ou son inhibition.
L’évaluation de l’activité antimicrobienne par la méthode du spot test et celle de diffusion en
puits a mis en évidence une inhibition significative de la croissance de plusieurs agents
pathogènes, à savoir Candida albicans (sept isolats), Staphylococcus aureus et Escherichia
coli. Les diamètres des zones d’inhibition, variant entre 17,5 mm et 21,5 mm, traduisent une
activité antagoniste marquée, en particulier vis-à-vis des pathogènes à Gram positif et des
levures opportunistes.
Enfin, les tests de résistance aux antibiotiques ont montré une résistance généralisée à
l’amoxicilline et à la pénicilline, tandis qu’une sensibilité variable à la tétracycline a été
observée, avec quatre souches présentant une résistance.
Dans l’ensemble, plusieurs souches en particulier celles issues du lait maternel se distinguent
par un fort potentiel probiotique, conjuguant activité antimicrobienne, capacité d’adhésion,
aptitudes de co-agrégation et sécurité microbiologique.
Ces résultats suggèrent que ces souches pourraient être valorisées en tant qu’agents
probiotiques pour la prévention ou le traitement des infections urogénitales, ou intégrées à des
formulations de bioconservation alimentaire. Des études complémentaires, incluant la
caractérisation moléculaire des gènes impliqués et des essais in vivo, seraient nécessaires pour
confirmer leur efficacité et leur innocuité en conditions réelles d’application.