Abstract:
L’utilisation de bactéries rhizosphériques pour protéger les plantes contre les champignons
phytopathogènes constitue une stratégie prometteuse pour atténuer les dommages causés aux plantes et
réduire l’utilisation excessive de pesticides chimiques. La présente étude porte sur l’isolement et le
criblage de rhizobactéries à partir des sols agricoles situés à Béjaïa (régions d’Akbou et de Djebira),
ainsi que sur l’évaluation de leur potentiel de biocontrôle des champignons pathogènes. 34 isolats
bactériens ont été obtenus à partir de deux échantillons de sol rhizosphérique. Tous les isolats ont été
testés pour leur capacité à inhiber la croissance de trois champignons phytopathogènes (Aspergillus
niger, Penicillium sp. et Fusarium sp.) et à produire des enzymes et des composés antifongiques volatils
(NH3 et HCN). Les isolats N3, N8 et L22 ont été évalués pour leur efficacité en lutte biologique contre
les infections à A. niger sur les tomates. Les résultats des tests d´activités antifongiques in vitro ont
montré que plusieurs isolats présentaient une activité significative, avec des pourcentages d'inhibition
allant de 33,33 % à 80 % contre A. niger, de 0 % à 60 % contre Fusarium sp. et de 35 % à 75 % contre
Penicillium sp. Une proportion significative de nos isolats produit des enzymes extracellulaires
(protéase, amylase, lipase, estérase, cellulase et uréase) et de l'ammoniac (NH3), tandis que seuls cinq
isolats (N3, N7, N8, L2 et L4) ont démontré une capacité de production de cyanure d'hydrogène (HCN).
Les essais in vivo sur les tomates ont montré que les isolats L22, N3 et N8 réduisent significativement
la surface de lyse par rapport au témoin positif (A. niger).