Abstract:
Dans la présente étude menée sur le bassin versant d’Ighil Emda dans la chaine des Babords de l’Algérie tellienne, nous avons mis en
évidence l’apport incontestable des approches biogéomorphologiques et écologiques dans la caractérisation de la dynamique
morphogénique des paysages. Un suivi de près du site d’Oued Etteba dans le bassin versant étudié a permis d’identifier le caractère
déterministe reliant la géomorphologie et l’évolution des écosystèmes naturels. Par ailleurs, nombreuses études de quantification
d’érosion par estimation des apports solides font état d’une dégradation intense traduite par des volumes considérables de matières en
suspension qui atterrissent souvent dans des barrages ou entrainées vers la mer. Dans le même contexte, des analyses fondées sur la
confrontation entre des résultats empiriques des produits d’érosion et des observations de terrain, ont mis en évidence le caractère
limité des approches strictement quantitatives dans la caractérisation de la dynamique morphogénique en raison de la spatialité du
phénomène d’érosion. Ces résultats intéressants suggèrent
l’intérêt incontestable d’intégrer les aspects écologiques et
géomorphologiques dans les recherches sur la dynamique des paysages. Les perspectives de cette approche biogéomorphologique sont
prometteurs dans l’appréhension de la genèse des micro habitats écologiques, microclimats et tendance d’évolution des écosystèmes.
L’application combinée des outils de cartographie géomorphologique, des Systèmes d’Information Géographiques (SIG), de la
télédétection, des matrices de transition et des métriques paysagères s’est révélée d’un intérêt incontournable pour l’analyse de la
dynamique paysagère. Ces méthodes procurent un potentiel inestimable pour les études intégrées des interactions entre relief, processus
morphogéniques et organisation écologique.