Abstract:
La présente étude a pour objectif d’évaluer l’impact de la dégradation des sols sur la
biodiversité au sein de la zone forestière de l’antenne de Chemini (Bejaïa), intégrée au massif
de l’Akfadou. Une analyse spatio-temporelle, menée à l’aide d’une approche géomatique
basée sur les systèmes d'information géographique (SIG), a permis d’identifier les incendies
de forêt récurrents ainsi que le surpâturage excessif comme les principaux facteurs perturbant
l’équilibre écosystémique local. Ces pressions anthropiques ont entraîné une altération
significative des propriétés physico-chimiques des sols. On observe notamment une
accentuation du phénomène de battance, particulièrement prononcée dans les horizons
superficiels des sols dépourvus de couverture végétale, fragilisés par l’érosion et la perte de
matière organique. Cette dégradation se manifeste également par une réduction de la porosité
et un appauvrissement en éléments nutritifs essentiels. Ce processus de déstructuration du sol
compromet gravement la régénération naturelle des essences forestières autochtones. Il
favorise par ailleurs l’installation d’espèces indicatrices de perturbations écologiques,
notamment Asphodelus microcarpus (asphodèle), liée au surpâturage, et Ampelodesmos
mauritanicus (Diss), associée aux incendies et au défrichement. Ces espèces, à caractère
envahissant, traduisent une dynamique de régression écologique marquée, révélatrice d’un
changement fonctionnel du milieu forestier.