« Les exterminations totales » et « les massacres massifs » des débuts de l’occupation d’Algérie (1830 – 1849) : Violence ciblée ou concours de circonstance ?
Résumé
Les premières années d’occupation étaient des années d’indécision quant à l’avenir de la colonie. Des premières violences de la prise d’Alger en 1830 en passant par les massacres d’El Oufia en 1832, enfumades, les razzia et l’extermination de Zaatcha, l’Algérie semblait être un laboratoire d’expériences coloniales. Exterminer, détruire et briser le tissu social par les razzia, soumettre par la violence ou concilier la population, mais en résultat final, le bilan avait été un désastre : des massacres massifs qui effleurent l’extermination. Les récits français avaient longtemps mis à la marge les faits de violence à laquelle s’en étaient accommodée même les forces progressistes comme un impératif de domination.
L’étude a pour objet d’étudier la violence sous un angle de stratégie coloniale, pour répondre à la question problématique suivante : les massacres de masse menés par les militaires français ont-ils été des violences ciblées ou étaient le fait d’un concours de circonstance ?En s’appuyant sur l’analyse critique des impressions des acteurs et des témoins des violences et aux données de l’analyse descriptive des scènes de violences et de leurs circonstances, la méthode comparative pour croiser les différents témoignages des acteurs des massacres coloniaux en Algérie avec les révélations des études récentes basées sur des documents d’archives, nous tenterons d’expliquer les tenants et les aboutissants d’un fait colonial resté longtemps cantonné dans les périphéries de l’histoire de la France.
Pour réaliser la recherche, nous nous sommes appuyés sur des sources imprimées anciennes comme Montagnac : « Lettres d’un soldat », Ancien capitaine des Zouaves : « Les grottes de Dahara, récit historique », Plée Léon : « Abdel-Kader, nos soldats, nos généraux et la guerre d'Afrique » et autres. Nous nous sommes aussi appuyés sur des études récentes comme celles de Hosni Kitouni : « le désordre colonial » et « Histoire, mémoire et colonisation », d’Olivier Le Cour Grandmaison : « Coloniser, exterminer : sur la guerre et l’État colonial », de Settar Ouatmani : Zaatcha en 1849 , histoire d’une révolte » et autres.
Au terme de l’étude, nous avons conclu que les scènes de massacres massifs ou d’extermination totales durant les vingt premières années seulement d’occupation traitées dans cet article sont suffisantes pour dresser un portrait macabre de la guerre totale. Certains l’ont juste fait pour satisfaire leur ego, recevoir des éloges ou bien juste des promotions, d’autres l’ont fait pour venger leur amour propre comme dans le cas des Ouffia. Les plus rationnels l’ont fait pour les impératifs de la colonisation. De violence simple à l’extermination totale, l’objectif était toujours bien visible : l’exploitation d’un peuple.






