Appel à contribution pour un numéro thématique
De l’écriture sur les temples à l’ère numérique : Les moyens de diffusion et la construction de l’histoire
Résumé :
La Revue d’ Histoire Méditerranéenne, lance un appel à contributions pour un numéro thématique consacré aux moyens de diffusion et à la construction de l’histoire, de l’écriture sur les temples à l’ère numérique. Ce numéro explore comment les moyens de diffusion de l’information ont influencé, à travers les âges, la manière dont l’histoire est racontée, transmise et interprétée. En croisant les approches historiques et les sciences de l’information et de la communication, ce numéro se propose d’analyser les interactions entre les dimensions communicationnelles et historiques à travers toutes les périodes historiques depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’ère actuelle. Ce numéro thématique se propose d’étudier cette dialectique entre supports de diffusion et construction de l’histoire, en mettant en lumière les continuités et les ruptures entre les époques.
Coordination du numéro
- Abdelouhab MAKHLOUFI (Université de Bejaia, Algérie)
- Ali KHARDOUCHE (Université Paris city Sorbonne, France)
- Hakim IDIRENE (Centre National de Recherche en Archéologie, Tipaza, Algérie)
- Yamine BOUDHANE (Faculté des arts et des sciences, Université du Qatar, Qatar)
- Settar OUATMANI (Université de Bejaia, Algérie)
Argumentaire
L’histoire, en tant que récit des événements passés, a toujours été indissociable des moyens de diffusion disponibles. Des inscriptions sur les temples de l’Antiquité aux réseaux sociaux numériques et à l’intelligence artificielle, chaque époque a développé des outils spécifiques pour consigner et transmettre les connaissances historiques. Ces moyens de diffusion ne sont pas neutres : ils façonnent la construction même du récit historique, influençant à la fois sa forme et son interprétation.
Les inscriptions sur les temples, les stèles et les tablettes d’argile servaient à consigner les événements importants, les lois et les récits mythologiques. Ces supports, bien que fragiles et coûteux, permettaient une certaine pérennité de l’information. Les Grecs et les Romains, grâce à l’écriture alphabétique et aux parchemins, ont pu développer des récits historiques plus élaborés. Hérodote, souvent considéré comme le "père de l’histoire", a utilisé des sources orales et écrites pour composer ses Histoires, un récit qui mêle faits et légendes (Hartog, 2001). Cependant, la diffusion de ces textes restait limitée à une élite cultivée, car la copie manuscrite était un processus lent et coûteux.
Les récits historiques de l’Antiquité étaient souvent instrumentalisés pour légitimer le pouvoir ou promouvoir des valeurs morales. Thucydide, dans La Guerre du Péloponnèse, cherchait à établir des faits précis, mais son récit était également teinté de considérations politiques (Loraux, 1980). De même, Tite-Live, dans son Histoire romaine, utilisait le passé pour glorifier Rome et justifier son expansion. Ces récits, bien que critiques, étaient destinés à une élite et servaient à renforcer l’autorité des dirigeants. Comme l’a montré Paul Veyne (1971) dans Comment on écrit l’histoire, l’histoire antique était avant tout une construction narrative destinée à convaincre ou à édifier.
L’invention de l’imprimerie par Gutenberg au XVe siècle marqua une révolution communicationnelle. Les livres imprimés, moins chers et plus nombreux, permirent une diffusion plus large des récits historiques, contribuant à l’émergence d’une conscience historique collective. Elizabeth Eisenstein (1979), a souligné comment ceci avait été possible dans The Printing Press as an Agent of Change,.
Avec l’ère industrielle, les moyens de communication se diversifièrent : la photographie, le cinéma, la radio et la télévision transformèrent la manière dont l’histoire était racontée et perçue. Marshall McLuhan (1964), dans Understanding Media: The Extensions of Man, a analysé comment ces médias, plus visuels et immersifs, ont modifié notre rapport à l’information et à l’histoire.
L’avènement de l’ère numérique a bouleversé les modes de diffusion. Internet, les réseaux sociaux et les plateformes numériques permettent aujourd’hui une diffusion instantanée et mondiale de l’information. Andrew Hoskins (2017), dans Digital Memory Studies, explore comment le numérique transforme notre rapport au passé, en permettant à chacun de contribuer à la construction de l’histoire.
L'ère numérique a non seulement transformé la manière dont l'histoire est étudiée, documentée, partagée et enseignée, mais elle a aussi créé de nouveaux types d'événements historiques et de défis pour les historiens. Elle offre des opportunités sans précédent pour l'accès à l'information et la collaboration, démocratisation du savoir (Archivage numérique, Bibliothèques en ligne, Open Access), nouvelles méthodes de recherche (Humanités numériques, Cartographie et SIG, Big Data), Documentation de l'histoire en temps réel ( Médias sociaux et réseaux sociaux, Journalisme citoyen), Transformation des événements historiques ( Révolutions numériques, Cyberguerre et désinformation), Narratives et mémoires collectives (Histoire participative), Globalisation de l'histoire (Perspectives mondiales , Histoire comparée), tout en posant des questions complexes sur l'authenticité et l'interprétation des données historiques.
Axes thématiques
Les contributions pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants, tout en croisant les approches historiques et communicationnelles :
Axe 1 : Les supports de diffusion et construction du récit historique
- Comment les supports (inscriptions sur les temples, tablettes d’argile, papyrus, parchemins, imprimés, réseaux sociaux) influencent-ils la manière dont l’histoire est racontée et perçue ?
Axe 2 : La démocratisation de l’accès à l’information historique
- Comment les moyens de diffusion ont-ils évolué pour rendre l’histoire accessible à un public plus large ?
- Quels sont les défis liés à la crédibilité et à la fiabilité des sources à l’ère numérique ?
Axe 3 : Les enjeux mémoriels et la construction des mémoires collectives
- Comment les moyens de diffusion influencent-ils la formation et la transmission des mémoires collectives ?
- Quels sont les rôles des monuments, des inscriptions et des réseaux sociaux dans la construction de la mémoire ?
Calendrier et modalités de soumission
- 15 avril 2025 : Date limite de réception des propositions d’articles dans l’une des cinq langues de la revue, d’environ (3000 signes, espaces compris), en indiquant le(s) nom(s) de l’auteur/ des auteurs, rattachement(s) institutionnel(s) et adresse(s) électronique(s) à l’adresse suivante : rhm@univ-bejaia.dz
- 20 avril 2025: Notification de la décision du comité scientifique.
- 30 septembre 2025 : Date limite de réception des articles via la plateforme des revues scientifiques algérienne (ASJP) via ce lien :
https://asjp.cerist.dz/en/PresentationRevue/605
- Publication du numéro de La Revue d’ Histoire Méditerranéenne volume 07 numéro 02 de décembre 2025.
- Plus d’informations sur les règles de publication et les modalités de soumission, cliquez sur la page de la revue du site de l’université de Bejaia ou sur la page de la revue sur le site ASJP
Le directeur et rédacteur en chef de la Revue :
Pr. AIT MEDDOUR Mahmoud
Le président du comité scientifique
Pr. OUATMANI Settar.
Le comité scientifique :
AILLET Cyrille (U. Lumière, Lyon 2). AISSANI Djamil (U. de Bejaia), AIT HABOUCHE Hamid (U. d’Oran). AIT HASSOU Mohamed (U. Cadi Ayyad. Marrakesh. Maroc). BAIZIG M. Salah (U. de Tunis). BALA Sadek (U. de Bejaia). BAKHOUCHE Zoheir (U. de Guelma) BISHOP Elizabeth (Texas State University San Marcos). BOUAZZA Boudersaia (U. d’Alger2). CHAFOU Redhouane (U. d’El Oued). CHAIB Kedadra (U. de Guelma). CHAMI Tarik (U. de Bejaia) CHOUITAME Arezki (U. d’Alger 2). FARADJI M. Akli (U. de Bejaia). GALLORO Pierro ( Université de Lorraine, France). GREVIN Benoît (EHESS, Paris). GUENFISSI Hayette (U. de Bejaia). HADIAlWASH Huda (U. de Baghdad). HALAILI Hanifi (U. de S. Bel Abbés). HACINI Aicha ( U. de Bouira). HANAFI Aicha (U. d’Alger2) JADLA Brahim (U. Menouba, Tunis). KINZI AZZEDINE (U.de T. Ouzou). LOVEJOY Paul (U. de Toronto, Canada). MAKHLOUFI Abdelouhab (U. de Bejaia) . MAUREL Chloé (U. PLS de Paris). MEGROUS née MEHENTEL Djahida (Université d’Alger 2). MERAH Aissa ( U. de Bejaia) Mous Latéfa (U. Oran 2). NAILI Abdelkader (U. de Djelfa). REMILI Nedjma, née SERRADJ (Université d’Alger 2). SAIDI Meziane (ENS de Bouzaréah, Alger). SALEM Merouane (U. de Diyala, Irak.). SALIH Achraf (University of Ibn Rushd-Netherlands). SIDALI AHMED Messaoud (U. de M’sila). TIDJET Mustapha (U. de Bejaia). TLEMCANI Ben Youcef (U. de Blida). VALERIAN Dominique (U. de Paris 1 Panthéon – Sorbonne). MAUREL Chloé (U. PLS de Paris)
Comité d’édition :
CHOUIMET Ali (U. de Bouira. Algérie) , FOURALI Yasmine(U. de Bouira. Algérie), KHAROUNI TOUCHE Nouara (U. de Bejaia. Algérie), LAHOUEL Tassaadith. (U. de Bejaia. Algérie) , MAZRI Sabrina (U. de Bejaia. Algérie). MERDJAA Aicha (U. de Bejaia. Algérie), TIDJET Mustapha. (U. de Bejaia. Algérie), ZERKAOUI Nourdine. (U. de Bejaia. Algérie)
Bibliographie :
- Certeau, M. de (1975). L’Écriture de l’histoire. Paris : Gallimard.
- Eisenstein, E. (1979). The Printing Press as an Agent of Change. Cambridge : Cambridge University Press.
- Hartog, F. (2001). Le Miroir d’Hérodote. Paris : Gallimard.
- Hoskins, A. (2017). Digital Memory Studies. New York : Routledge.
- Le Goff, J. (1977). Pour un autre Moyen Âge. Paris : Gallimard.
- McLuhan, M. (1964). Understanding Media: The Extensions of Man. New York : McGraw-Hill.
- Trouillot, M.-R. (1995). Silencing the Past: Power and the Production of History. Boston : Beacon Press.
- Veyne, P. (1971). Comment on écrit l’histoire. Paris : Seuil.