Réseaux sociaux et mémoire collective de l’histoire en Algérie : Dialectique entre réappropriation citoyenne et fragmentation des récits

Auteurs

Résumé

Notre recherche étudie d’une manière profonde le rôle des réseaux sociaux numériques RSN en particulier Twitter dans la construction et la fragmentation de la mémoire collective en Algérie. Nous prenons en considération dans notre cas un exemple d’une date très symbolique en Algérie, il s’agit en l’occurrence de la commémoration du 1er novembre 1954, date marquant le déclenchement de la guerre de libération nationale. . L’Algérie, après avoir obtenu son indépendance à la suite de 132 ans de domination coloniale et plus de sept années d’une guerre (1954-1962) particulièrement violente, n’échappe pas à ce travail mémoriel. (Karim Salhi, 2024, P83). Pour ce faire, cette recherche mobilise deux notions importantes : la mémoire collective et les réseaux sociaux numériques. La mémoire collective algérienne a été médiatisée par les canaux traditionnels, l’émergence du numérique à travers les différentes applications, logiciels, plateformes tels que Twitter, Facebook, Instagram, etc transforme cette pratique et offre de nouvelles pratiques avec de nouveaux espaces d’expression et de rappropriation citoyenne. Cette nouvelle configuration des nouveaux espaces interactifs favorise une grande diversité de récits et qui ne sont pas forcément en convergence vers une mémoire unifiée. Cela entraine d’une certaine manière  la fragmentation discursive. Dans cette recherche, nous nous focalisons sur la manière dont les réseaux sociaux, en particulier Twitter/X, participent à la construction et à la réactualisation de la mémoire collective de l’histoire en Algérie. Notre analyse porte sur le hashtag #1erNovembre1954, lié à la commémoration du déclenchement de la guerre de libération nationale. De point de vue méthodologique, nous procédons par une analyse de contenu thématique et statistique d’un corpus de 400 tweets extraits du hashtag #1erNovembre1954 sur Twitter, couvrant la période commémorative du 31 octobre au 2 novembre pendant les deux années 2023 et 2024 en utilisant le logiciel en ligne TAGS (voir tableau en annexe 1). Nous opérons une phase de traitement des données (suppression des doublons, des retweets automatiques et des tweets sans contenu textuel) via le même logiciel TAGS. Après avoir effectué cette opération, nous avons pu récupérer 40 tweets  comme échantillon final classé et codé selon plusieurs catégories thématiques : exaltation patriotique, hommage aux martyrs, références historiques et hybridation mémorielle avec d’autres luttes.

Les résultats révèlent une prédominance des registres commémoratifs et patriotiques, structurés autour de références aux martyrs, à la révolution et aux valeurs fondatrices de l’indépendance. L’analyse met en évidence un noyau lexical stable, marqué par une forte charge symbolique, ainsi que des formes d’hybridation mémorielle, notamment à travers l’association récurrente entre la Révolution algérienne et la cause palestinienne. L’ensemble montre une diversité de récits institutionnels, citoyens et militants témoignant d’une mémoire numérique plurielle et fragmentée.

Mots-clés : Réseaux sociaux, Mémoire collective, Algérie, #1erNovembre1954

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Publiée

2026-01-05

Comment citer

MAKHLOUFI , A., & BOUDHANE, Y. (2026). Réseaux sociaux et mémoire collective de l’histoire en Algérie : Dialectique entre réappropriation citoyenne et fragmentation des récits. La Revue d’Histoire Méditerranéenne, 7(2), 104–121. Consulté à l’adresse https://univ-bejaia.dz/revue/rhm/article/view/750