Le maintien de l’ordre par la terreur sous administration coloniale française au Cameroun (1945-1956)
Résumé
Cette présente réflexion intitulée « Le maintien de l’ordre par la terreur sous administration coloniale française au Cameroun (1945-1956) » a pour objectif de mettre en exergue un aspect fondamental, mais pas suffisamment connu du passage de la France au Cameroun à savoir l’usage disproportionné de la répression et la violence administrative pour réduire toute tentative d’autodétermination après la Deuxième Guerre mondiale. Elle se situe dans le cadre de la commémoration du 80ème anniversaire des évènements de mai 1945 en Algérie notamment de Sétif et de Kherrata. En effet, pour des raisons sécuritaires et stratégiques, l’administration coloniale française adopte une démarche qui ne laissait aucune chance aux mouvements de contestation de prospérer. Elle n’hésite pas à déployer des moyens de guerre pour réprimer violemment les manifestations. Ainsi, lors des évènements de septembre 1945, de mai 1955 et de décembre 1956, elle mobilise tout un arsenal militaire et bénéficie du soutien des colons qui souhaitaient garder une mainmise sur les potentialités économiques de ce pays. La France actionne également la répression à travers le recours aux soldats venus d’autres territoires, en plus du mitraillage des populations civiles, l’utilisation de l’aviation pour tirer depuis des airs, la distribution des armes aux civils européens et les exécutions sommaires.
Notre recherche pose de ce fait la problématique des crimes de la France coloniale au Cameroun à partir de 1945 du point de vue de la démarche adoptée entreprise par l’administration française pour accueillir la montée des manifestations anticoloniales à partir de 1945, les stratégies déployées pour réduire au silence les protestataires ainsi que les conséquences sur le dynamisme du mouvement nationaliste camerounais. Pour y parvenir, nous adoptons la démarche pluridisciplinaire et la sociohistoire pour montrer qu’en matière de maintien de l’ordre la France use de tous les moyens pour réduire au silence les initiatives locales de protestation de l’arbitraire colonial.
Le corpus mobilisé est constitué des ouvrages, des articles, des rapports, des bulletins d’opération et des archives collectées dans les centres de documentation au Cameroun et à l’étranger. Il ressort que, la France coloniale au Cameroun institutionnalise des moyens de répression et les massacres de septembre 1945 et la principale répercussion est la réduction de toute tentative d’autodétermination par la terreur, notamment lors des évènements de septembre 1945, de mai 1955 et le massacre à Ekité de décembre 1956.
Mots-clés : Cameroun, Terreur, Maintien de l’ordre, Massacre.






